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Les vacants

César distribue nos terres à ses capitaines après la conquête de la Gaule, ce sont nos premiers seigneurs : pour mettre leur patrimoine en valeur ils font venir des vassaux à qui ils accordent pâturage, bois de chauffage et de construction, créant ainsi les vacants où les habitants peuvent exercer leurs droits de perprise, selon la coutume permettant à qui veut mettre en valeur une part de terrain sur les communaux de s’y établir. En ce qui concernePontenx, l’édit royal de1544précise que tous les habitants bénéficient de tous les droits d'usage sur les vacants, forêts et cours d’eau ; celui de1667insiste :« La propriété communale est inséparablement attachée aux habitants des lieux, et fait défense aux seigneurs de les usurper au préjudice des communautés », ensuite la Révolution octroie aux communes la liberté de gérer leurs terres.

Quand le seigneur dePontenxfuit devant la Révolution, il est déchu de ses titres et biens. Pourtant, la commune ne fait pas valoir ses droits, en conséquence aujourd’hui elle est la seule à ne posséder ni forêts, ni landes, ni vacants, alors que des communes bien plus modestes sont riches grâce aux pins communaux. Pourquoi ? Pourquoi les anciens disent-ils que« la commune a été volée » ?

Jean-Jacques Sacryste de Rolye, jusqu’à sa mort en1782, est un seigneur épris de progrès dont il fait profiter les habitants, bien qu’on relève déjà maints conflits concernant toujours l’application de l’édit de 1544. Son gendre, le marquis de Gombault lui succède, il est, dit-on à la ronde : « Vindicatif, imbu de son rang, de mauvaise foi, méprisant,despote »… avide et rancunier également.

La tension monte rapidement entre le seigneur et les habitants, si bien qu’en1769le garde du comte, est victime d’une tentative d’assassinat, la même année, il interne six bœufs aratoires appartenant à Jacques Pons, marchand à Pontenx, qui présente des excuses. Le 17 septembre puis le 10 novembre et encore le 28 janvier1771le même scénario se reproduit, le comte portant plainte co ntre les habitants qui le dédommagent, également contre M. Forest, maire de Pontenx, pour les mêmes motifs.

En1820, quand il rentre d’exil, les habitants conformément à la loi, se sont installés sur ses terres où il ne peut plus rien prétendre, mais il porte plainte. Bien que les habitants terrorisés se retirent, la plainte est maintenue contre le maire, qui, lâché par son conseil, restitue le tout, bien que le marquis ne puisse fournir de titres de propriété

Outre l’édit de 1544, et le rachat des droits d’usage de 1599, la loi du 28 août 1792et l’article 8 du 10 juin 1793donnent raison aux habitants : « Les terres… dont les municipalités ne pourraient pas justifier avoir anciennement été en possession sont censées leur appartenir et leur seront adjugées par les tribunaux si elles forment leur action dans le délai de cinq ans à moins que les seigneurs ne prouvent par titres la possession».Fait incroyable, malgré cette formidable opportunité, la commune ne fait pas cette demande ! Ce qui revient à renoncer à ces terres qui appartiennent triplement à la communauté. Les communes de Saint-Paul et de Gastes, appartenant au même seigneur récupèrent la totalité de leurs communaux, que le marquis de Gombault se garde bien de réclamer.

Pourquoi la commune ne fait-elle pas valoir ses droits, mettant ainsi fin à la férule d’un seigneur odieux ? On comprend mieux quand on sait que le maire, Mr Vielle,« instruit et très intelligent » est aussi fermier des terres seigneuriales et directeur des forges appartenant au même seigneur… Comment, au service du marquis peut-il défendre efficacement les intérêts de la commune ? D’ailleurs, quand le marquis traîne en justice ceux qui détiennent encore des parts de vacants, il ne les soutient pas.

Le tribunal blâme les municipalités de1792et de1822pour n’avoir pas fait valoir ses droits, mais restitue les biens au seigneur car  une terre est réputée appartenir à celui qui la réclame. Un seul prétendant, Pierre Perrin, fait appel et le 20 janvier1826le tribunal le relaxe de toutes accusations, le maintient dans ses droits et condamne le marquis aux dépens…

L’équipe électorale change en1833, elle tente des actions en justice qui épuisent les finances municipales, en pure perte, mais quand la Cie rachète la succession en1834, la commune reporte son action en justice contre elle en ce qui concerne les droits d’usage. Les nouveaux propriétaires réagissent fermement : leur objectif est d’ensemencer le domaine dans son entier. S’ensuit une succession d’appels et de procès, entretenant entre les deux parties une relation subtile et passionnée ; ce n’est que sous la gérance de Pidoux qu’un accord à l’amiable est trouvé, mais la perte des vacants est consommée.

Aujourd’hui, la commune de Pontenx s’efforce par achats et échanges de se constituer un patrimoine foncier et immobilier,Pontenxn’est plus une commune sans biens ni terres.

La loi du 19 juin 1857

Elle s’applique aux terrains communaux : les communes propriétaires sont tenues de les assainir et de les boiser en pins afin de s’équiper de routes, écoles, puits, fossés, lieux de culte et autres nécessités avec les produits générés par ces plantations. Pour financer ces travaux, les communes ont le droit de vendre des terrains assainis à des particuliers qui s’engagent à les planter… de pins.

Si la commune de Pontenx n’est pas concernée par cette loi, les propriétaires pontenais eux s’empressent d’assainir et d’ensemencer, la Cie des Landes particulièrement.

La place accordée aux pins, c’est autant de perdu pour les troupeaux, nos bergers doivent brusquement renoncer au système agropastoral qu’ils pratiquent depuis toujours, pour participer au développement industriel de leur terre !

Les évolutionnistes (transformistes) mesurent mal l’antagonisme entre l’élevage et la forêt. Cette lettre envoyée au roi par les bergers transhumants en1748prouve la gravité du problème : «  Depuis quelques années, certains particuliers se sont avisés, sous prétexte qu’ils ont affiévé(loué)certains quartiers de landes, ils les ont enfermés de fossés… Les pasteurs ne peuvent aujourd’hui mener leurs vaches que dans les landes les plus sujettes à l’inondation… Les pasteurs n’ont rien dit alors que ces particuliers défrichèrent quelques parties de landes pour l’ensemencer ; mais aujourd’hui qu’on affiève de toute part et qu’on fossoye (creuse) les landes affiévées »... Il est vraique certains acquièrent à vil prix des terrains inondés qu’ils assèchent sans s’inquiéter de savoir où vont les eaux, d’où la création de nouveaux marécages et déjà quelques uns s’interrogent sur le risque encouru par un territoire voué à la monoculture.

Le changement déséquilibre le mode de vie ancestral et accentue les différences sociales : grâce aux pins, les petits propriétaires deviennent de riches bourgeois dont la fortune récompense les efforts, les sacrifices et la prise de risque consentis par plusieurs générations, ils découvrent l’opulence. À l’inverse, les plus modestes ne peuvent plus acheter de terres dont le prix se multiplie par cent en moins d’un siècle ; la forêt demande moins de bras que l’agriculture. Privé de travail, brassiers, bouviers, métayers, voient leur monde s’effondrer brusquement, les suicides de bergers ne sont pas rares : 17 dans le canton, les autres quittent le pays et à partir de1861nos communes perdent leurs jeunes.

Sans doute inéluctable, sans doute bénéfique en termes d’économie cette mutation aurait été moins douloureuse si l’homme avait été pris en compte dans le projet.

S’ils savent investir, nos nouveaux propriétaires n’hésitent pas à la dépense dans les grandes occasions, comme le montre cet ahurissant menu de mariage pour plus de 300 personnes en1866.Inutile de préciser que les plats ne sont pas proposés « au choix » ! Pour faire glisser, il ne faut pas moins de six vins bordelais tous vieux d’au moins 10 ans, sans oublier le champagne.

Potage au tapioca. Radis au beurre, olives farcies, thon,

 anchois, cornichons, artichauts. Petits pâtés aux truffes.

Saumon sauce hollandaise. Tête de veau en tortue.

Les entrées 

Pigeons à la Dreux aux champignons. Épigramme d’agneau à l’Allemande.

Poulets à l’impériale aux truffes. Jambons aux petits pois.

Noix de veau piquée, sauce tomate. Canetons de Rouen braisés aux olives.

Longe de mouton piquée à la Joinville aux truffes.

Les rôts 

Filets mignons truffés. Cailles vertes bardées.

Gigots de mouton. Dindonneaux.

Les mets en sauce 

Cèpes à la Bordelaise. Haricots verts à la poulette.

Pour se rafraîchir 

 Jambons glacés. Salade de homards. Galantine aux truffes. Buissons d’écrevisses.

Quelques douceurs

 Gelées variées. Mokas. Baba. Fromages glacés. Pièces montées et des desserts. 

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