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L'avenir de la forêt

La forêt est un milieu vivant, en constante évolution. Le massif forestier des Landes de Gascogne compte 350 000 hectares de pins sous Louis XIV, 950 000 hectares aujourd’hui. Les Landes sont le premier département forestier français, ce résultat est le fruit de nombreuses études qui ont amenées un pin à maturité en 40 ans au lieu de 60 ans au début de l’exploitation industrielle.

En effet, après des années catastrophiques, les exploitants forestiers et leurs clients doivent s’adapter : depuis1960,des études et des expérimentations permettent de trouver de nouveaux débouchés aux produits de la forêt, la deuxième génération du « Verger à graines » de Mimizan permet de disposer de semences de meilleure qualité garantissant une croissance plus rapide et une meilleure rectitude des arbres. La Cie des Landes développe elle aussi des recherches prometteuses en association avec l’INRA et pratique des essais de plein champ.

La valorisation et la promotion du bois de pin sont des cartes majeures dans la continuité du développement durable en pays de Born autant du point de vue économique que de celui de l’écologie. Il y a eu le temps de la résine, des poteaux de mines, puis les lambris et la papèterie… aujourd’hui, l’exploitation de la biomasse et du bois-énergie est une réalité concrète sur notre commune. Cette radicale transformation économique et sociale nécessitait une adaptation prodigieuse, nos anciens ont su s’y résoudre, nous profitons de leurs efforts aujourd’hui.

Tout en reconnaissant qu’il n’existait guère d’alternatives, on s’interroge de nouveau sur le bienfondé de la plantation en monoculture des Landes, surtout après les tempêtes, chez certains, le doute s’installe...

Témoignages 

« En tant que forestière, je dirais que c’est une bonne chose, je ne vois pas ce qu’on aurait pu faire d’autre… du riz peut-être ? Dans le triangle forestier, on ne pouvait pas garder les fermes à cause de l’obligation de drainage. C’était le seul moyen de procurer de l’argent aux gens. Ce qu’on pourrait regretter c’est qu’il n’y ait que du pin maritime, de nombreux essais sont faits avec des plantes qui viennent de loin, partout dans le monde, le résultat est loin d’être probant.

Il n’y a plus de très vieux bois. Ceux qui devaient les remplacer ont été détruits par les incendies, on est obligé de se contenter de bois plus petits. Depuis l’arrêt du gemmage, les arbres plus denses sont plus petits. On n’élague plus non plus. Avec tout ça, la qualité n’y est plus. Un pin maritime consomme 100 litres d’eau par jour, mais si les Landes sont sèches aujourd’hui ce n’est pas leur faute. Autrefois, on assainissait les terres immergées en pratiquant des larges fossés peu profonds, au-dessus de la couche d’alios, donc étanches. Maintenant, les pelles mécaniques vont plus profond, l’eau passe dans le sous-sol avant d’avoir irrigué les terres et ne rejoint plus les ruisseaux : d’année en année les Landes s’assèchent… mais on est les premiers écologistes au monde : quand on fait tomber 200 pins, on en replante 2 000. Elle est renouvelable notre forêt ».

Cafés et restaurants

Nous le savons déjà, Pontenxest resté, avec Biscarosse, pendant plus de 200 ans, le bourg le plus actif du Pays de Born, l’abbé Bourdeau le confirme : «Pontenx…  localité la plus peuplée en 1861 et la plus importante du canton, avec une gendarmerie, une école des frères de l’instruction chrétienne, le couvent des filles de la Croix, les foires les plus importantes de la contrée, où il se traite beaucoup d’affaires sur les laines, les cires et divers autres produits de la lande. On coule et on moule à Pontenx toutes espèces d’ustensiles de ménage en fer »…

Puis nous avons perdu la résine, les forges, nous regardions passer les touristes et notre population vieillissait…

On estime parfois la vitalité d’un village en fonction du nombre de ses débits de boissons… Nous connaissons àPontenxles débits de boissons déclarés (il en existait d’autres), ce sont en général de très modestes établissements dits « cabarets» au domicile du tenancier, ou seulement sur les lieux de foire.

Au XVIe siècle, les visites pastorales nous apprennent que le cimetière a un mur commun avec l’auberge-cabaret du bourg, un siècle plus tard et jusqu’à1850, la maison s’appelle encore « la grande auberge ». En1797, Jean Dupouy est propriétaire de l’auberge de Bouricos.

M. le maire, comme M. le curé, s’interroge sur la moralité de certains habitants :« Considérant que le débit de boisson du sieur L. est très mal tenu et qu’en raison de son éloignement du chef-lieu de la commune, il est le rendez-vous des gens mal famés de la contrée… Le cabaret du sieur L. situé à Ménéou sera fermé(1851)» et 20 ans plus tard,« Le cabaret tenu par le sieur V. Jean au quartier de Laborde est le rendez-vous habituel des mauvais sujets et le refuge des individus tarés de cette commune et de celles environnantes…. est interdit et fermé ».

Les débits de boissons en tous genres ne manquent pas : les ambulants, comme en1858, le sieur Raoul, tonnelier et cafetier àPontenx,autorisé à exercer la profession de cafetier les jours de fête dans les communes voisines… le mastroquet d’habitués comme  « Chez Pierrot » à la gare, et le « débit de boissons hygiéniques » (sic) à Bouricos, la « Guinguette de Menaut » où la jeunesse danse, la cantine de  l’Union Pontenaise, créée en1920,lenégociant en vins qui ouvre sa maison à la consommation... En1985il n’y en a plus que trois, tous au bourg.

La consécration vient avec l’hôtel — restaurant : Mme Veuve Benoit au « débit – hôtel » est un cordon bleu, en1950, Pierre Ducourneau lui succède, puis son fils René à l’ « hôtel de la Poste ». Il y en a généralement deux dans le bourg à partir du milieu 1900.

Entre 1850 et 1950,une cinquantaine de personnes, tous de la commune et exerçant d’autres professions à l’origine,  ouvrent un café.  Bouricos, le bourg, les forges, la gare, Menaut, Haza, Les Vignes, Marcon… cette répartition montre que chaque quartier est autonome et que le bourg ne devient le « centre » que fort tard. Outre le besoin de gagner sa vie, on devine dans ces démarches la recherche d’une ascension sociale, le désir de créer une lignée ou un patrimoine.

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